l’Art du Bain, pas qu’une marque, que des savons mais surtout notre vie…
Mais où commence-t-elle? Au premier savon? A notre rencontre avec Youssef? Ou bien plus tôt? Quand je suis tombée toute petite dans les parfums du Maroc, tellement marquée que je n’attendais que d’être assez grande pour retourner y vivre. J’ai passé mes 5 premières années à Rabat. Comme souvent les ( bons!) souvenirs d’enfance, on dirait un rêve. Un rêve parfumé s’il en est. La menthe fraîche, oranges pressées, beignets sur la plage, laine épaisse des tapis et les coffres en cèdre, le cuir dans les souks et le goût typique du gobelet en cuivre des porteurs d’eau. Je pense que le début de l’Aventure de l’Art du Bain commence par la, dans les jardins du Chellah…

L’Art du Bain, les prémices. Une rencontre, au Maroc forcement, il ne pouvait en être autrement. 🇲🇦💖
Lors d’un voyage 15 ans après quitté Rabat, nous retournons au Maroc en pèlerinage, en famille et avec tous les amis de l’époque, une équipée merveilleuse, un road movie. Rabat bien sûr, plage de Skhirat, Fes, les forêts de Cèdres majestueux, Meknes, Ifrane l’européenne, magique et envoûtante Volubilis, les sources de l’Oumerbia, petits restaurants accrochés à flanc de rochers, on déjeune juste au dessus des tourbillons du torrent. On achète des bracelets, cuivre, argent, cuir, des foulards, des épices, les mains dessinées au henné, on se nourrit de cornes de gazelle et de keftas grillées sur les bords de route. Enfin, nous arrivons, à la fin du séjour, à Marrakech. C’est l’été il fait 50 degrés meme la nuit, sable et poussière, Marrakech La Rouge… Place Jmaa el Fna, balade en calèche, et un soir, au coin d’une rue, notre rencontre avec Youssef…quelques instants, juste le temps de s’échanger nos adresses et de se faire la promesse que je reviens l’année suivante. J’ai 19 ans, lui 23. Deux ans plus tard et quelques 3 ou 4 allers retours en cars, Rennes-Marrakech, nous nous marions.
Bientôt il nous faudra décider comment nous allons gagner notre vie…

La suite! Mariés certes, mais il faut bien décider de la suite. Vivre ou? A Marrakech évidemment, chez les parents de Youssef qui nous accueillent à bras ouverts. Et vivre de quoi? Et pourquoi pas des savons se dit Youssef…
Des savons!
L’inspiration est là tout de suite. Tous ces parfums, ces odeurs, ces fragrances qui sont des souvenirs ou des promesses d’avenir vont habiller nos savons. Nous allons mettre tout notre Maroc dans nos créations. Nous remplissons des cahiers entiers d’idées, nous faisons une formation auprès d’un savonnier breton et nous voilà parti pour la folle aventure. Le 1er août 2004 je dis au revoir à ma famille, mes amis, à la Bretagne et nous prenons la route. Nous partons à l’aventure, monter notre projet avec l’enthousiasme des fous. Un enthousiasme contagieux car nos deux familles, fratries, nos amis nous aident, nous soutiennent. Notre atelier prend place dans le salon des parents de Youssef réaménagé. Ma belle sœur Myriam travaille avec nous, les amis français et marocains viennent assister à la fabrication du premier savon, courir la médina avec nous pour trouver les parfums, les huiles, les fleurs, les épices et les argiles pour fabriquer nos savons. Nous trouvons les artisans qui fabriquent les empreintes pour tamponner les savons au fin fond des Foundouk car tout est systeme D, inventions, idées nouvelles.
Et voit enfin le jour la première boutique L’Art du Bain dans l’ancien Marché Central du Gueliz, le marché aux fleurs aujourd’hui disparu.
Nous avons eu raison d’oser, le succès est au rendez vous et notre vie marocaine s’installe tranquillement.
La maison est souvent remplie, la famille et les amis viennent de France partager avec nous cette vie douce et lointaine, cette vie qu’on s’est choisie.
L’Art du Bain va évoluer en même temps que nous grandissons, que les temps changent entre aléas et opportunités. La famille va s’agrandir avec les M&M, Mehdi et Malik. Et 14 ans plus tard nous décidons de continuer l’aventure, toujours en famille, à Nantes.
Nous voici!
